Lundi 27 août 2007
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13:08
Jeudi 23-08
La nuit est très agréable, même pas besoin de se demander si la tente tiendra le coup cette fois-ci ! Le seul hic, c’est que la chambre est composée de 2 lits superposés (et non pas un lit
double), qui en plus craquent au moindre mouvement.
Nous prenons notre temps pour bien organiser nos affaires dans la voiture, prendre le petit déjeuner avant de reprendre la route vers 11h30. Xa s’est levé du mauvais
pied ce matin et commence par renverser sa tasse de café dans la cuisine. Le proprio, lui, a bien rempli sa mission : le linge est propre et sec pour notre départ (comme il n’était sec qu'à
80-90% selon son estimation, il a tout mis au sèche linge, futé l’animal !).
Nous nous arrêtons de nouveau à Kenmare, non pas pour du tourisme, mais pour utiliser Internet et mettre à jour le blog. Les tarifs sont là encore plutôt
salés : 4€ l’heure, alors qu’à Valence nous payions 50cts ! En ressortant du shop, nous écoutons pendant quelques minutes un groupe de jeunes chanteurs qui répète en extérieur.
Les badauds s’amassent devant cette sympathique chorale et s’amusent des chorégraphie et de l’entrain de ces petits jeunes.
Vers 13h, nous commençons une nouvelle journée de tourisme consacrée au tour en voiture de la Beara Peninsula. Mais, seulement une demi-heure plus tard, à
16 km de Kenmare, c’est la grosse tuile ! Nous sommes stoppés, ou plutôt nous stoppons, une motorbike. Alors que nous roulons tranquillement, nous apercevons tardivement un panneau
indiquant la cost road (route de bord de mer) sur la droite. Xa prend la décision de tourner immédiatement mais ne voit pas la moto qui déboule à grande vitesse du virage en face. Tout
va très vite, les souvenirs sont flous… La moto était-elle en vue avant de tourner ou bien arrivait-elle trop vite pour la voir ? Le choc n’est pas très violent mais impressionnant :
les 2 motards font un soleil, pour atterrir quelques mètres plus loin. La ceinture nous protège sans nous faire mal, les airbags ne se déclenchent même pas, nous sommes indemnes, seulement
choqués. Pendant les quelques minutes suivant l’accident, c’est la panique. Plusieurs voitures et piétons s’arrêtent, quelqu’un appelle l’ambulance, deux autres font la circulation, quatre
personnes sont penchés sur les blessés. Rapidement, un surgeon (chirurgien) arrive sur les lieux, contactés par des voisins. Il nous rassure, constatant que les motards ne souffrent
d’aucune fracture, d’aucune égratignure, que de contusions. Il n’y a aucune trace de sang, et aucune perte de connaissance.
Les ambulances arrivent 30min après le choc, et déroulent les procédures obligatoires pour les deux blessés : bilan global, minerve, civière avec couverture et
matelas gonflable… Cela donne l’impression qu’ils ont subis des grands traumatismes, mais les ambulanciers doivent prendre les précautions nécessaires. Les deux motards entre de bonnes mains,
nous pouvons constater les dégâts sur la Twingo : les phares ne sont pas touchés, seule la partie entre ces deux est enfoncée et le capot en accordéon. Nous avons l’impression que le moteur
et le train avant ne sont pas touchés mais la carrosserie est très abimée. Sera-t-elle réparable pour poursuivre notre aventure ?
La police arrive 15min plus tard pour relever les distances, l’état de chaque véhicule et, bien sûr, les témoignages des 2 conducteurs. Comme dans les films
policiers, l’agent récite la loi à Xa : « Vous pouvez garder le silence, vous pouvez contacter votre avocat pour parler en son unique présence… ». Mais il semble plus sorti du
Gendarme de Saint-Tropez que des réalistes séries américaines.
A 15h30, la dépanneuse arrive et dégage rapidement les deux véhicules de la route. Il est grand temps car le Tour cycliste d’Irlande est annoncé à cet endroit pour
16h. A une demi-heure près nous passions à la télévision !
Depuis l’impact, deux couples (l’un d’une trentaine d’année, l’autre de soixante ans) nous soutiennent moralement en voyant notre détresse. Ils vont même jusqu’à
serrer Lolo, complètement choquée, dans leurs bras. En partant, le couple de sexagénaires tend à Lolo deux billets de 50€ pour nous aider à trouver un lit pour la nuit. On aurait presque
l’impression d’être les victimes ! Vraiment trop gentils ces Irlandais !
Les policiers nous embarquent pour le commissariat, les bagages dans le coffre. En effet, Xa doit rester en garde à vue (dans la cuisine de la garda) car il
y a eu des blessés lors de cet accident. Il sera convoqué le 7 septembre au tribunal pour conduite dangereuse. Les policiers sont vraiment très sympas, blaguent et nous offre le café (toujours
aussi insipide). Ils ne veulent pas nous mettre des coups de bâton (dixit le commandant) mais nous indiquent plutôt les endroits où dormir pas cher et où trouver des jobs. Ils mettent aussi à
disposition gratuitement le téléphone pour que Xa contacte l’assurance. C’est ainsi que nous apprenons que la MAIF rembourse les 5 prochaines nuits à hauteur de 50€/pers. Mais Lolo a déjà réservé
pour ce soir au Youth Hostel (auberge de jeunesse) dans un dortoir de 8 personnes.
Xa est libéré à 18h, nous pouvons ainsi nous installer pour la nuit. Lorsque nous découvrons le dortoir, nous sommes envahis par une odeur moite et une chaleur
oppressante : un des occupants a étendu son petit linge mouillé sur les rebords de la fenêtre à peine entre-ouverte. Une horreur ! Après cette difficile journée, ce n’est pas le
meilleur accueil qu’on aurait pu attendre. Nous repartons aussi sec (pas comme le linge…) pour terminer les restes du repas de la veille dans le petit parc de la ville (ce sera le seul repas de
la journée, mais nous n’avions pas vraiment faim). Nous réservons également une chambre dans un Bed and Breakfast pour la prochaine nuit (autant se faire plaisir !).
Nous passons un petit moment à appeler nos parents pour les tenir au courant de nos déboires. Puis, pour nous changer les idées, nous décidons de louer un DVD dans
le magasin tenu par les gérants de l’AJ (un petit magasin qui fait vraiment de tout : impression de photos, location de DVD, photocopies,…). La location est gratuite pour les clients de
l’AJ, autant en profiter ! De plus, une salle TV est mise à disposition avec lecteur DVD et canapé confortable. Ca fait du bien de se poser après tous ces événements. A 23h, nous entrons à
reculons dans le dortoir toujours aussi puant. Nous nous couchons habillés n’étant pas sûrs que les draps soient propres ; il fait très chaud, pas besoin de la grosse couette, ni d’un pull.
Dans cette atmosphère, nous avons beaucoup de mal à nous endormir. La nuit s’annonce agitée.